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Biographie


photo Blandine Soulage
 

Elodie Lefebvre – Artiste plasticienne/Réalisatrice.

Elodie Lefebvre est née en 1974 en Haute-Garonne ; elle vit et travaille entre Toulouse et Lyon.
Simultanément admise aux Beaux-Arts et au Conservatoire d’art dramatique de Toulouse en 1994, elle obtient le DNAP en 1997 puis le DNSEP en 1999 avec mention.
Suite à plusieurs résidences en Auvergne-Rhône-Alpes, elle est professeure de sculpture à l’INSA Lyon depuis 2021.

Le duel est récurrent dans le travail d’Élodie Lefebvre, vie/mort, apparition/disparition, désir/refus, elle met en tension ces différents axes pour éclairer les ambiguïtés et les rapports de force qui animent l’être humain.
Son champ d’action passe par le volume, l’installation, le dessin et la vidéo.

Dès 1998, le corps, poussé dans ses capacités expressives est au centre de ses installations et vidéos. Élément central de sa création, il se déploie dans sa dimension incarnée proche de l’échelle 1, tout à côté du réel.
Dans l’installation en trois modules Cropped, des corps en silicone bleu transparent reposent comme après une chute sur des cadres en inox. A l’instar de Renaud Auguste-Dormeuil , Glorioulsy, ce sont des dépouilles en même temps que des lieux de résistance, où la matière évidée parle de l’être à travers l’infime trace du grain de la peau.
Le corps se transfigure parfois dans des objets ou des éléments qui le représentent, comme pour se dessaisir de sa forme et dialoguer son essence. Les pièces motorisées Le Lit au BBB Centre d’art, et Les Balançoires amoureuses à la Fondation Écureuil à Toulouse, viennent rejouer nos schémas amoureux par leur mise en mouvement , entre drame et ironie bienveillante.
Interroger la structure fondatrice qui nous anime pousse l’artiste à mettre en question le réel et sa construction.
De 2013 à 2016, soutenue par l’institut Français, elle développe les créations vidéos Il est ta nuit et Les bruits intérieurs avec des chercheurs en France et au Brésil sur la cognition animal. Dans une relation Humain/Nature, elle déplie la « Pelote de mondes» qu’évoque Merleau-Ponty, dans Le visible et l’invisible.
Cette déconstruction du réel l’amène au mouvement écoféministe et à la littérature portée entre autres par la politologue Silvia Federici. En résidence à l’INSA Lyon pour deux ans, elle initie STRATE#, un corpus d’oeuvres lié à la figure du féminin qu’elle transpose aux phénomènes volcaniques. Strates après strates, usant de la sculpture, de la vidéo et du dessin, elle entreprend une lente surrection de la matière, des fondations de structures sous-marines d’îles, jusqu’à l’émergence de stratifications dites « en pile d’assiettes ». Elle renoue avec l’argile et les grès haute température dans un mouvement archaïque, qui pose le socle de ses prochains travaux. Le façonnage des œuvres est minutieux, en même temps qu’il revendique une rudesse de finition en rapport avec la vitalité de l’esquisse. Élodie Lefebvre déploie une recherche engagée où le corps, comme une géologie, est un enchevêtrement de sens qui révèle la condition humaine.

Depuis 2001, conjointement à son travail plastique, elle collabore avec des chorégraphes de dimension internationale sous la forme de films documentaires et de résidence collaborative, avec entre autres Ea Sola, Germaine Acogny, Bernardo Montet, Salia Sanou. Le documentaire de création Cassa Cassa, rencontres dansées de l’Afrique et de sa diaspora, diffusé part TV5 monde, fait la place à la mémoire et à la portée politique du corps dansé. En 2014, la Chorégraphe Nora Chipaumire l’invite pour la résidence vidéo-danse Captain/King/Lady, au MSU New-Jersey.
Élodie Lefebvre conçoit en 2019 la création collaborative Si j’étais ton miroir, un projet vidéo-danse qui interroge le désir en EHPAD et dans le service de soins palliatifs du Centre hospitalier de Givors, avec la question : « Quelle est votre envie ? », entendre « en vie ? ». En 2022 le projet s’implante pour trois ans dans le service de soins pallaitifs des HCL de Lyon Croix Rousse. Dans une filliation d’esprit la liant à Robert Filliou et à Pina Bausch, elle exprime là une synthèse de ses engagements artistiques et humains en provoquant des rencontres où l’art fait société.

Ses pièces sont présentées au musée des Abattoirs , à la Fondation pour l’art contemporain Espace Écureuil à Toulouse, au Musée Ingres à Montauban. De nombreuses résidences en France comme à l’étranger jalonnent son parcours. Le Smithsonian National Museum of African Art, Washington, le BAM, New York diffusent ses films, qui ont intégré les collections du Centre national de la danse à Pantin, de Numéridanse à Lyon, de la New York Public Library for the Performing Arts, ainsi que du Museo de la Memoria à Santiago du Chili.